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Catégorie « États d'âme »

Je ne suis pas une professionnelle
Samedi, mars 27th, 2010

Je suis enseignante, point.

Suite à la lecture des billets du professeur masqué et de prof malgré tout, qui s’insurgent devant l’impossibilité pour l’enseignant d’avoir accès à de l’information sur certains élèves suivis par des professionnels, je dois vous faire part d’une grande frustration qui m’habite également.

Car je ne suis pas professionnelle et ça, je l’accepte bien. Mais je fais présentement mon stage (le dernier) dans une classe d’accueil, au primaire. Certains de mes élèves ont énormément de difficultés et progressent avec peine. Je me dis (et je ne suis pas seule) que ces élèves souffrent possiblement de certains troubles d’apprentissage. Qu’est-ce que je fais alors? Je réfère aux professionnels de l’école? NON. Dans certaines écoles (comme la mienne), la classe d’accueil étant déjà considérée comme une « classe spéciale », les élèves qui y sont placés n’ont pas droit aux services de professionnels.

Je peux comprendre en début d’année, alors que les élèves parlent et comprennent à peine le français, et qu’il est alors difficile d’établir si leurs difficultés sont dues à des troubles d’apprentissages ou simplement à l’écart de langue. Mais nous sommes maintenant en mars, tous mes élèves comprennent et parlent relativement bien le français. Assez pour que je puisse affirmer que les difficultés persistantes de certains élèves vont au-delà de la langue.

Donc j’ai dans ma classe certains élèves qui ne pourraient que bénéficier de services de spécialistes, mais comme ceux-ci leur sont refusés, je dois moi-même me faire professionnelle et tenter de les aider du mieux que je peux, sans pour autant délaisser la quinzaine d’autres élèves qui eux, progressent à un rythme régulier…

Alors quelque part, je me dis que de ne pas avoir accès aux informations sur le suivi d’un élève, c’est un moindre mal quand on sait qu’au mois, AU MOINS, cet élève est suivi par quelqu’un qui s’y connait.

Ils n’ont pas tous cette chance.

Le saut
Lundi, janvier 25th, 2010

Voilà, ça y est.

Il y a 4 ans exactement, j’envoyais des demandes d’admission dans diverses universités, sans trop savoir où ça me mènerait. Revenue depuis peu d’un exil d’un an là où les kangourous vagabondent, j’étais déterminée à ne pas retomber dans le domaine du multimédia et j’ai décidé, sur un pas pire coup de tête, de me taper les 4 ans nécessaires pour terminer un bacc en enseignement.

Sur le coup, le nombre d’années d’études qui m’attendaient m’ont un peu donné le vertige, et j’étais loin d’être sûre que ma bougeotte pourrait se calmer assez longtemps pour obtenir un autre diplôme, mais bon, je me disais qu’au moins j’aurais essayé.

Puis la première session a commencé, et a filé comme l’éclair. J’ai rencontré des gens extraordinaires, qui rendaient la routine plus facile à avaler. C’est à peine si j’ai vu passer la 2e session, puis la 2e année.

Et puis me voilà, prête à faire le grand saut dans le monde de l’enseignement. Mon dernier cours a pris fin vendredi dernier, j’entamerai donc mon 4e et dernier stage demain matin. Classe d’accueil, d’est p’tits poux de 6-8 ans, des amours venus de tous les coins de la planètes pour aboutir devant moi, les yeux avides de découvertes.

Suis-je prête?
Bah, rendu ici, on s’en fout, on saute.

Edit : la photo, on ne peut plus appropriée, date de ce jour où j’ai eu une idée un peu cinglée.

Ça mijote
Jeudi, octobre 8th, 2009

J’ai depuis quelque jours une rage intense de revamper ce blog, ce qui je dois dire ne m’est pas arrivé depuis belle lurette, et j’ai passé des heures hier à jouer avec des photos, plonger le nez dans des fichiers CSS et taper du code à la mitaine (vive les bonnes vieilles méthodes)!

La web-designer en moi a eu un soudain regain de vitalité – c’est fou quand même, comment on peut délaisser une partie de soi pendant si longtemps, pour qu’elle revienne finalement à la charge de façon tout à fait inattendue. Aussi bizarre que ça puisse paraître, j’ai toujours autant de plaisir (oui oui, du plaisir) à coder mon site dans un éditeur de texte. C’est ainsi que j’ai appris à faire, alors que je n’avais que 16 ans (bref, il y a 10 ans… seigneur), et que j’ai monté mon premier site en analysant le code source de diverses pages web. C’est d’autant plus magique et satisfaisant lorsqu’on regarde le résultat final, fruit de milliers de caractères qui ne font aucun sens pour la plupart des gens…

Tout ça pour dire que là, j’ai une fin de semaine de 4 jours, et si la tendance se maintien, j’arriverai difficilement à faire autre chose de bien productif tant que ce site n’aura pas le look bien précis que j’ai déjà en tête.



Décourageant
Mercredi, octobre 7th, 2009

Aujourd’hui, dans mon cours de Didactique des Sciences Humaines, nous devions faire un court exposé oral sur un sujet relatif à l’histoire du Québec. Par exemple, mon équipe et moi avions choisi de parler de Montréal et de son développement à travers le fleuve, le port et le chemin de fer.

D’autres équipes ont, elles, choisi de nous faire un gentil exposé sur différentes communautés autochtones. Je l’ai trouvé un peu moins gentil lorsque les membres de l’équipe sont arrivées affublées de plumes et de capuches de fourrure, prétendant être des représentantes des communautés Micmac et Inuit qui venaient nous parler de leur culture et leur histoire.

J’étais, bien franchement, tout à fait insultée au nom de toutes les communautés ici représentées. D’autant plus que les soit-disant Inuits peinaient à prononcer des mots aussi essentiels que « Inuktitut » ou même « Nunavik »! On nous décrivait aussi le Pow Wow un peu comme un gros party où on se déguise et on danse toute la nuit, sans jamais mentionner l’aspect spirituel pourtant si important. À vrai dire, j’avais l’impression qu’on nous présentait ces différentes nations d’une façon strictement touristique et clichée.

D’ailleurs, aucune des équipes n’a cru bon de décrire la situation politique des premières nations aujourd’hui, ni leur mode de vie actuel, ni même l’oppression subie par les « blancs » depuis la colonisation. Bref, une représentation des amérindiens totalement déconnectée de la réalité.

C’est plate à dire, mais y’a de ces moments où je suis découragée de l’enseignement, et surtout des étudiants en enseignement.

Prendre le temps
Vendredi, octobre 2nd, 2009

À chaque retour à Montréal, c’est la même chose. On retombe vite dans des routines, le couraillage à gauche à droite, le travail, la famille, les amis…

Hier j’ai fait quelque chose que je n’avais pas fait depuis longtemps – après mes cours à l’Université j’ai contourné la bouche de métro et j’ai poursuivi mon petit bonhomme de chemin, et j’ai marché jusque chez moi. Et si ça prends 4 fois plus de temps? Soit. Ça m’a fait du bien, de m’oxygéner le cerveau, de me perdre dans mes pensées. C’est quelque chose que je fais tout le temps lorsque je pars en voyage, mais qui étrangement prend le bord dès que je mets les pieds en ville.

Alors voilà, c’est ma résolution des prochains mois : j’essaierai de me rendre le plus souvent possible à l’université en marchant, en pédalant, en joggant, peu importe – mais j’évite le plus possible le métro. N’ayant plus droit au tarif réduit de la CAM, ça me sauve quand même presque 70$ par mois…