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Catégorie « C'est c'que j'pense »

Je ne suis pas une professionnelle
Samedi, mars 27th, 2010

Je suis enseignante, point.

Suite à la lecture des billets du professeur masqué et de prof malgré tout, qui s’insurgent devant l’impossibilité pour l’enseignant d’avoir accès à de l’information sur certains élèves suivis par des professionnels, je dois vous faire part d’une grande frustration qui m’habite également.

Car je ne suis pas professionnelle et ça, je l’accepte bien. Mais je fais présentement mon stage (le dernier) dans une classe d’accueil, au primaire. Certains de mes élèves ont énormément de difficultés et progressent avec peine. Je me dis (et je ne suis pas seule) que ces élèves souffrent possiblement de certains troubles d’apprentissage. Qu’est-ce que je fais alors? Je réfère aux professionnels de l’école? NON. Dans certaines écoles (comme la mienne), la classe d’accueil étant déjà considérée comme une « classe spéciale », les élèves qui y sont placés n’ont pas droit aux services de professionnels.

Je peux comprendre en début d’année, alors que les élèves parlent et comprennent à peine le français, et qu’il est alors difficile d’établir si leurs difficultés sont dues à des troubles d’apprentissages ou simplement à l’écart de langue. Mais nous sommes maintenant en mars, tous mes élèves comprennent et parlent relativement bien le français. Assez pour que je puisse affirmer que les difficultés persistantes de certains élèves vont au-delà de la langue.

Donc j’ai dans ma classe certains élèves qui ne pourraient que bénéficier de services de spécialistes, mais comme ceux-ci leur sont refusés, je dois moi-même me faire professionnelle et tenter de les aider du mieux que je peux, sans pour autant délaisser la quinzaine d’autres élèves qui eux, progressent à un rythme régulier…

Alors quelque part, je me dis que de ne pas avoir accès aux informations sur le suivi d’un élève, c’est un moindre mal quand on sait qu’au mois, AU MOINS, cet élève est suivi par quelqu’un qui s’y connait.

Ils n’ont pas tous cette chance.

Où ça, une controverse?
Mardi, février 16th, 2010

Suis-je la seule qui ne comprend pas? J’en ai marre des gens (les médias, les politiciens – , , …) qui se plaignent de la place du français au jeux de Vancouver – particulièrement dans la cérémonie d’ouverture. J’en ai marre des québécois qui voient systématiquement une attaque à leur culture lors de jeux qui se déroulent à l’autre bout du pays. Qui croient fermement que, parce que si nous sommes un pays bilingue *ahrem*, la francophonie devrait être représentée autant que l’anglais.

D’abord, quand on pense aux JO, on pense d’abord à la ville qui les accueille. Ce ne sont pas les jeux du Canada, à Vancouver – mais bien les jeux de Vancouver 2010 (au Canada). Vancouver est une ville anglophone. Dans une province anglophone. Séparée, par plusieurs autres provinces anglophones, de la seule province francophone du pays. Bref, je ne m’attendais pas a une grande représentation du français à cette cérémonie.

Mais admettons, admettons, que ces jeux ne sont pas d’abord ceux de Vancouver mais bien ceux du Canada. Que, si l’on en croit les dires de certains, la cérémonie d’ouverture se doit de représenter l’ensemble du pays d’accueil, idéalement en proportions égales. La réalité, c’est que le Canada n’est pas un pays bilingue. Son gouvernement est (enfin, théoriquement) bilingue, mais le Canada c’est d’abord 8 provinces et 3 territoires anglophones, une province bilingue, et une seule province francophone. Le Canada, c’est 7 millions de francos, pour 4 fois plus d’anglos (et autres). Bref, si on aurait voulu avoir notre fair share du show, on aurait difficilement pu en demander plus du cinquième… Bon, on a peut-être eu un peu moins que ça, mais assez pour créer une réelle controverse? On a quand même eu… Garou (on devrait plutôt se plaindre du choix d’artiste, que de la quantité)!

Question comme ça, si la ville de Québec accueillait des JO, combien vous pariez qu’on y retrouverait plus d’artistes francophones que d’anglophones à la cérémonie d’ouverture? Que la culture québécoise y serait prédominante? Seraient-ils alors vraiment à l’image du Canada dans son ensemble, comme on prétend qu’ils se doivent d’être?

En tout cas, on peut ben passer pour une bande de chialeux pour une grande partie du canada anglophone…

Triste mais vrai
Vendredi, novembre 6th, 2009

Une amie, en parlant d’un cours où notre petite cohorte (nous ne somme plus que 15 finissants) est jumelée à d’autres futures enseignantes (oui, le féminin est bien mérité ici) :

« Est-ce que c’est juste moi, où bien les autres sont… bizzares? »

Ah, tu viens de t’en rendre compte?

Autant j’aimerais m’offusquer lorsqu’il est question dans les médias de la formation des maîtres qui est déficiente, que les futurs enseignants sont majoritairement incompétents…. Je ne peux pas, parce que cheminant dans la faculté d’éducation depuis 3 ans, je peux témoigner de leur véracité.

Non, ce n’est pas normal qu’il y ait tant de nunuches sans aucune culture générale en enseignement, qui ne savent ni écrire, ni parler correctement. Ce n’est pas non plus normal que les facultés d’éducation recueillent les étudiants ayant la cote R la plus basse de tous les département universitaires. Mais malheureusement, c’est un cercle vicieux : plus on dévalorise l’enseignement, moins de gens qui ont une tête sur les épaules vont vouloir s’y aventurer.

Bilan grippal
Jeudi, novembre 5th, 2009

Après déjà plusieurs semaines à se faire rabattre les oreilles avec la deuxième vague de la pandémie qui nous menace tous et toutes (et que plusieurs milliers de personnes ont déjà contracté), 4 décès sont attribués à la grippe A(H1N1) au Québec :
- Une dame de 87 ans
- Une fille de 26 ans souffrant d’une maladie chronique
- Une dame d’une 60aine d’années souffrant elle aussi d’une maladie chronique
- Une dame de 42 ans, qui était soit-disant en bonne santé (mais asthmatique), et qui est morte quelque jours après avoir reçu le vaccin, d’une infection du sang (cyberpresse). Le rapport direct entre une grippe et une infection du sang m’échappe, mais bon.

Tenez, quelques chiffres :

L’Agence de la santé publique du Canada rapporte qu’au 3 novembre, la grippe A (H1N1) a tué 101 personnes au pays. Plus de 1700 personnes ont été admises à l’hôpital depuis [son] apparition en avril.

En comparaison, [...] la grippe saisonnière envoie chaque année environ 20 000 Canadiens à l’hôpital. De 4000 à 8000 Canadiens meurent de la grippe et de ses complications chaque année, selon la sévérité du virus. Source.

Edit : D’accord, la saison de la grippe n’est pas terminée – mais je considère que ces chiffres nous aident bien à mettre en perspective le nombre de victimes qu’ils faudrait que la H1N1 fasse pour que ça devienne vraiment dramatique.

On panique vraiment pour rien.

Ah, pis tiens, un documentaire qui vaut la peine d’être vu (qui a été diffusé sur la chaîne ARTE en France) : Grippe A : Un virus qui fait débat. (Partie 1234)

Extrait :

Le niveau 6 [de l'échelle de pandémie] engage les états membre de l’OMS à mettre leurs plans nationaux de lutte contre la pandémie en oeuvre, et à commander vaccins et médicaments. C’est la phase d’alerte maximale, mais selon de nouveaux critères.

En mai 2009, l’OMS supprime 2 points essentiels dans la définition de la pandémie. Auparavant, elle supposait un nombre élevé de décès et de malades dans plusieurs états. Ce n’est plus le cas : aujourd’hui il suffit, pour décréter une pandémie, d’une transmission accrue et durable du virus dans au moins 2 des 6 régions de l’OMS.

« Je pense que l’OMS a fait une erreur en modifiant sa définition. Car pour le public, qui dit pandémie dit panique. »
- Prof Harald Schweim, Pharmacologue, Université de Bonn

C’est ça j’disais, on panique pour rien.

La peur
Vendredi, octobre 23rd, 2009

Je vous présente, d’un côté, ceux qui ont peur de la maladie – de l’autre, ceux qui ont peur du vaccin.

La peur étant ce qu’elle est – c’est-à-dire un sentiment irrationnel – on ne peut faire entendre raison à quelqu’un qui a peur. Ces deux attitudes sont, donc, simplement irréconciliables. On peut-tu arrêter de les mettre ensemble dans l’arene? Il n’en sortira jamais rien de bon…

On dirait que les gens ne sont plus capables de penser par eux-mêmes, ils doivent à tout prix se faire dicter leur conduite par les médias. Le problème, c’est qu’il semble que les médias font tout, absolument tout, pour augmenter le niveau de peur (des deux côtés) à l’extrême – ce qui ne fait que creuser le fossé entres les opinions. En gros, y’aident pas pantoute.

Moi? Je ne me ferai pas vacciner. Pas parce que j’ai particulièrement peur du vaccin, malgré mes réserves à propos de ceux-ci (je pourrais en parler longtemps, mais pas dans ce billet…). Je ne le crois pas particulièrement dangeureux. Peut-être est-il efficace, ça on ne le sait pas (d’ailleurs, comme il est encore en période de test, si vous comptez absolument vous faire vacciner, pourquoi ne pas y aller maintenant et se faire payer grassement?)

Non, je ne veux pas du vaccin, plutôt, parce que je n’ai pas peur de la H1N1. Et que mon avis général sur la vaccination est : tu le fais juste si t’en a vraiment besoin.

Ce qu’on ne nous dit pas assez souvent ces jours ci :

  • ce qui vous attends si vous attrappez la H1N1? un mal de tête, un peu de fièvre, une petite toux, des courbatures. Peut-être le nez qui coule, un peu. Cela pendant 2-3 jours. Autrement dit : c’est une mini-grippe ben ordinaire.
  • si vous croyez que le virus pourrait devenir plus virulent, informez-vous correctement : c’est tout à fait hypothétique. Jamais on n’a vu un virus muter afin d’être plus dangeureux. Y’a pas de raison pour que celui-ci soit le premier.
  • l’Australie vient de passer au travers de leur hiver et, par le fait même, d’une « grosse » vague de H1N1. Verdict? Moins de 200 morts. Alors qu’il y a, en même temps, des milliers de morts de la grippe saisonnière. On a peur de quoi, déjà?
  • en tant que personne en santé, j’aurais à peu près autant de chance de souffrir de complications de la H1N1 que de complications suite à son vaccin. À choisir entre les deux, je préfères de loin (et j’insiste : DE LOIN) la grippe.

Alors voici le conseil officiel de matante Mahi :
Vous voulez être vraiment préventifs? Lâchez-moi les vaccins et le Purel pis armez-vous donc de bonnes vieilles tylenols à la place…