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Hommage à ces hommes
Jeudi, juin 10th, 2010

Aussi bien vous le dire tout de suite : Hawai’i est un milieux d’hommes. Que ce soit pour surfer les vagues, pour l’armée, ou pour la nature sauvage – nombreux sont les hommes qui partent du mainland pour s’établir à Hawai’i. À l’inverse, très peu de femmes y voyagent seules, comme je l’ai fait.

En fait, pour bien tomber dans le cliché, les touristes à Hawai’i se divisent essentiellement en 3 catégories :
1. Les couples en lune de miel,
2. Les gars maniaques de surf,
3. Les fefilles avec leur valise à roulettes qui viennent en gang boire des piña coladas.

Ces dernières, vous l’aurez compris, ne s’aventurent guère plus loin que la plage devant leur hotel. Alors moi, quand je débarque avec ma tente et mon pack-sack, et que je pars faire du camping toute seule… bien je me fais ou tout p’tit peu remarquer.

Ainsi, plusieurs des endroits où j’ai eu la chance de poser ma tente le temps d’une soirée m’ont fait rencontrer des hommes sympathiques, généreux, et soyons bien honnêtes, tout simplement heureux d’avoir un peu de compagnie féminine.

À Malaekahana, Dave, Casey et Garrett, gars de la construction qui se tapaient une p’tite semaine de camping m’ont invitée à me joindre à leur BBQ. Le lendemain matin, Dave me croise sur la plage et m’invite à déjeuner, puis décide de me faire découvrir le coin et m’amène sur Goat Island, une petite île au large accessible à pieds à marée basse. Trippant.

À mon passage à Halei’wa, je réalise lors de mon arrivée au site de camping qu’il n’est habité que par des sans-abris. Avant même que j’aie le temps de déposer mon sac, Michael, sa bedaine de bière à l’air et ses long cheveux grisonnants bien emmêlés, vient interroger l’intriguante inconnue qui vient s’installer sur son territoire… En peu de temps, il m’invite à me joindre à sa bande pour le souper, et retourne se cacher dans sa minuscule tanière. Alors que je monte ma tente, Jay, tout jeune ex-militaire qui habite la tente voisine, vient m’offrir une bière et me piquer une jasette. Je n’ai jamais mangé autant et aussi bien que ce soir là, entourée de Michael, Jay, Alan le filipino, John et sa guitare, et les autres. Ils ne possèdent pas grand chose, mais leur coeur est toujours aussi grand.

Au camping d’O'heo Gulch sur les flancs de Haleakala, à Maui, Danny et Ricky sont paisiblement assis à la table à pique-nique près de l’endroit où je décide de piquer ma tente. Ils me regardent faire, un peu amusés, et finalement m’offrent une bière. J’apprends alors que tous deux travaillent sur les sentiers du Parc National, ils dorment dans des tentes un peu plus loin pendant la semaine de travail, mais ils descendent régulièrement au camping pour jaser avec les visiteurs. Je jase longuement avec Danny, un jeune qui vient du Massachussets, mais qui voyage en travaillant dans des Parcs Nationaux partout au pays. Le lendemain, à mon retour au camping, j’aperçois au loin Ricky qui descend me rendre visite, accompagné d’un autre collègue. Ils m’invitent à monter avec eux, ils vont faire une bouffe, jouer aux fers… Je passe une soirée vraiment mémorable avec Ricky, Tyler, Danny et Dirk, à jouer aux fers, au poker, et jammer au ukulele.

(Et c’est sans compter les quelques hommes si accueillants qui m’ont hébergée chez eux le temps de quelques nuits.)

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À chaque fois que je racontais à quelqu’un que je faisais du camping seule, on me disait courageuse, parfois même un peu fêlée. Pourtant, pas un instant je n’ai craint pour ma sécurité, car presque partout où j’allais, je rencontrais immédiatement des hommes incroyables, respectueux, heureux de me prendre sous leur aile un moment, sans jamais rien attendre en retour.

À tous ces hommes : merci.

O’ahu, chapitre 1 : Honolulu
Samedi, mai 1st, 2010

Et, bien franchement, je devrais plutôt dire « Waikiki » – qui est la portion vraiment touristique d’Honolulu… Enfin.

Je ne suis à Hawai’i que depuis 4 jours, mais déjà, j’ai l’impression que j’y ai fait tellement de choses! Du magasinage de ‘ukuleke à l’ascension d’un volcan (Diamond Head), de la plongé avec des tonnes de poissons de toutes les couleurs à la rencontre de nombreux autres voyageurs… Je me suis tenue bien occupée et le soleil commence à me donner un bon teint de homard.

J’ai passé une bonne partie des 2 derniers jours sur différentes plages avec Chris (un couchsurfer) et son fils de 4 ans Enzo… Ce dernier est si adorable, j’ai accepté sans hésiter de m’occuper de lui quelques heures alors que son père, maniaque de surf, allait affronter les vagues de Waikiki. C’est également avec eux que j’ai été jusqu’à Hanauma Bay pour y faire de l’apnée… c’était une première pour Enzo, qui finalement n’&etait plus trop sûr de vouloir voir les poissons et les coraux de si près !

Et hier, en plus de l’obtention in-extremis d’un permis de camping (ils sont gratuits, youppii) pour Kaiaka Bay, sur la côte nord de O’ahu, je me suis procuré un petit ‘ukulele pas trop cher pour trimballer partout avec moi… au moins, celui-là n’est pas plein de brillants! Ca me tiendra compagnie sur la plage en faisant du camping les prochains jours…

À moi les volcans, les tortues et les vagues!
Lundi, avril 5th, 2010

Dans un classique élan de renouveau printanier, j’ai décidé, à 3 semaines d’avis, de m’envoler pour un mois à Hawaii afin d’y faire du camping, de la randonnée, du couchsurfing et peut-être même des tentatives de surfing tout court, ainsi tout que ce qui peut se faire à très petit budget!

Alors voilà, je m’envole le 27 avril et y serai tout le mois de mai, armée d’une caméra, d’une tente et de crème solaire, et je vous ferai découvrir du mieux que je peux les côtés moins « touristisés » de cet état qui l’est sûrement un peu trop.

D’ici-là, je me concentre sur la fin de mon stage (et, par le fait même de mon bacc), auquel il ne reste que 7 jours…

Récits de la Nouvelle-Terre
Mardi, juin 23rd, 2009

Terre-Neuve, c’est pas seulement des paysages bruts, pratiquement intouchés, à vous couper le souffle ; des falaises, des fjords, de la roche – ben de la roche. Pas seulement des Icebergs, ces géants venus du Nord. Terre-Neuve c’est aussi ses gens – des gens fiers, simples, généreux et vrais. Si je me suis éprise de cette province, c’est surtout grâce à eux.

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Ben, Jamie, Bill – les gars chez qui je suis resté à St-John’s, beaucoup plus longtemps que prévu d’ailleurs. Des gars drôles, un peu cinglés, qui font des pieds et des mains pour que tu te sentes chez toi, pour te faire découvrir leur ville qu’ils aiment tant, pour te présenter des tas de gens. Ils nous ont emmené nous faire « screecher », moi et 2 autres voyageurs de passage chez eux. En gros, cette cérémonie typique réservée aux touristes consiste a réciter des paroles incompréhensibles (long may yer big jib draw!), manger du baloney (newfie steak), embrasser une morue et boire un shooter de Screech, du rhum de Terre-Neuve. Puis on se fait baptiser avec une rame, et on reçoit finalement un certificat attestant que nous sommes de vrais Newfies. All good fun.

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À notre arrivée à St-Anthony, tout au Nord de la peninsule rejoignant le Labrador, il faisait un temps de chien. Bourrasques, pluie, température glaciale, brouillard terrible nous empêchant de voir la douzaine d’Icebergs qui flottaient présentement au large de la ville. On s’est réfugiés dans la boutique de souvenirs à Fishing Point, où on a fait la rencontre de Monty, son sympathique propriétaire. Après avoir passé une nuit dans la voiture pas loin de là, on y retourne le matin et Monty nous sert du thé, du chocolat chaud, et des tartines avec confiture de baies locales.

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À Winterton, on cherchait un endroit où piquer notre tente au camping (qui était en fait plutôt un parc a roulottes) du village. Un homme vient nous voir, nous indique un spot gazonné près du lac, nous dit qu’on peut camper là, et venir payer au proprio le lendemain matin. On apprend ensuite que cet homme n’est nul autre que le maire du village, et il nous invite de ce pas à embarquer dans son pick-up et nous fait faire le tour du parc alors qu’il nous raconte sa construction qui date d’une dizaine d’années. J’ai jamais vu quelqu’un être aussi fier d’un parc à roulottes – mais bon, il faut dire que c’était un maudit beau parc à roulottes.

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À Twillingate, mon ami Yusuf décide de débourser les 40$ nécessaires pour embarquer sur un bateau qui l’emmènera à proximité des Icebergs. Mon budget étant un peu serré, je choisis de ne pas l’accompagner et d’attendre sur la rive et me promener dans le village. Juste avant qu’il embarque dans le bateau, son propriétaire vient me voir et me dit d’embarquer, gratuitement. Son bateau étant presque vide aujourd’hui, il ne voit pas d’inconvénient d’embarquer une personne de plus, tant que je ne laisse pas savoir aux autres que je n’ai pas payé. Les icebergs sont époustouflants, et à mon retour sur la terre ferme je vais acheter plein de confitures à sa femme qui tient la boutique de souvenirs.

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Grey River est un petit communauté d’à peine plus de 100 habitants, rejoignable seulement par bateau. Je vais y faire du camping avec Lita, une autralienne rencontrée à St-John’s. Au magasin général, on nous dit qu’il est sans doute possible d’utiliser l’internet à l’école du village. Celle-ci est constituée de deux classes : une classe primaire (8 élèves) et une classe secondaire (5 élèves). La secrétaire sort d’abord un des ados de sa classe pour qu’il nous ouvre la salle d’informatique, mais l’internet n’y fonctionne pas – on nous envoie alors toutes les deux au fond de la classe primaire, où on jure de ne pas dire un mot puisque quelques uns de ces élèves sont en examen. À côté de moi, un p’tit blond travaille sur un Powerpoint : Ce que je préfère du Canada c’est Grey river, parce que c’est super beau et que c’est chez moi.

Plus tard ce même jour, alors que Lita et moi étions à notre camping sur le bord de l’eau, un petit bateau à moteur passe. Il fait demi-tour et Brad, le p’tit blond de la classe d’école nous demande si on veut monter faire un tour. On embarque en compagnie de Jamie (son frère jumeau), Jake le gentil toutou avec qui je jouait plus tôt dans le village, leur mère et Ken, un homme avec qui nous avions jasé un brin au courant de la journée. On nous emmène au fond de la baie, qui ne semble plus finir, remplie de plages, de chalets et de phoques qui jouent à cache-cache. Au retour, ils nous invitent chez eux, me servent un thé dans une tasse du Canadien de Montréal (s’ensuit un débat avec Brad, qui prend pour les Maple Leafs). Les jumeaux insistent pour nous raccompagner jusqu’à notre camping, mais comme il se fait tard on les laisse à la bordure du village. Sur le sentier menant à notre tente, on croise une gentille famille qui venait justement nous rendre visite avec quelques bières.

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On était sur le petit ferry qui nous emmenait à Grey River depuis François (prononcez Frannswé), où l’on avait exploré les rochers et falaises avoisinants pendant plus de 6 heures la veille. Un des hommes de l’équipage, nous voyant sur le bateau pour la 2e fois en 3 jours et déduisant que nous avions fait du camping, nous offre d’utiliser la douche de l’équipage si on le désire. Ce que je trouve incroyable de ces gens, c’est que t’as même pas besoin de demander – ils donnent sans penser. Ou bien peut-être qu’on puait vraiment.

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On a débarqué à Bay de Verde aux alentours du crépuscule. Ce petit village, tout au bout de la route, est perché entre falaises escarpées et caps gazonnés. Dans la marina, des pêcheurs déchargeaient les bateaux alors que les goélands reluquaient leurs prises de la journée. Plus loin dans la baie flottait un énorme Iceberg qui s’amusait à nous renvoyer les rayons orangés du soleil qui disparaissait. C’était d’une beauté époustouflante, et tout ce que j’arrivais à penser c’est : j’espère que ces gens sont conscients qu’ils habitent au paradis.

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Tant de gens, tant d’histoires… je reviens la tête bien remplie.

Glace ancestrale
Dimanche, juin 7th, 2009

Il était une fois, quelques flocons de neige qui tombaient quelque part au Groenland.

12,000 plus tard, ces mêmes flocons peuvent être aperçus, à la dérive au large des côtes de Terre-Neuve, sur le point de retrouver leur forme liquide originale. Ils ont fait tout un voyage pour se rendre ici, mais ils n’en sont qu’encore plus impressionnants.


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