Sans grande surprise, il y avait au congrès de l’AMIFRAM (Asociación de Maestros e Investigadores de Francés de México) à Morelia plusieurs français (oui oui, ceux de France, là..) qui donnaient divers ateliers et conférences. Des représentants de l’Ambassade Française aux didacticiens, plusieurs donnaient l’impression, lors de leurs discours, que la France était LE pays représentant la francophonie, oubliant systématiquement les quelque 50 autres pays ayant une population francophone… De quoi enrager n’importe quel québécois, il va sans dire! Nonmaisquoi!
Heureusement, le Québec était bien représenté lors de ce congrès, et plusieurs choses n’ont fait que renforcer mon sentiment d’appartenance a cette belle nation…
D’abord, la conférence d’ouverture du congrès fût donnée par Claude Germain, didacticien et linguiste reconnu dont nous avons lu plusieurs textes lors de notre formation. Sa présentation était inspirante, et m’a beaucoup portée à me questionner sur mes propres techniques d’enseignement utilisées ici. Je dois avouer qu’après sa conférence, je me sentais pas mal p’tite dans mes culottes, réalisant que je faisais ici beaucoup de compromis puisque les élèves sont habitués à un enseignement très magistral, et m’éloignant ainsi de ces techniques plus intéractives qu’on nous enseigne à l’université… Ai-je besoin de vous dire que, tel des groupies, nous avons été plusieurs à aller remercier M. Germain pour son discours? Non sans surprise, nous avons même été jusqu’à l’inviter à dîner…
Plus tard le même jour, j’ai assisté à un atelier donné par un autre québécois, celui-ci s’intitulant « Faut-tu enseigner le français québécois oral en classe? ». Cette présentation, qui se basait principalement sur l’aspect linguistique et sur la grammaire non-officielle qui régit le parler québécois, m’a fait presque pleurer de rire, nous forçant à examiner de plus près toutes ces petites particularités langagières qui font de nous des québécois. Elle a aussi fait ressortir en moi ce sentiment d’avoir à « apauvrir » ma langue lorsqu’en présence de locuteurs étrangers (francophones ou non – donc presque toujours le cas ici), en essayant de ne pas utiliser toutes ces expressions si riches qui ne seraient comprises que par des québécois! Même si je parle toujours français, je n’arriverais jamais à transmettre aussi bien mes émotions en me limitant à un français « international » que je ne pourrais le faire en bon vieux québécois… Eh oui, nous avons également agit en quasi-groupies suite a cette présentation, allant discuter de l’effet de fierté qu’elle a eu sur nous. En d’autres mots : crisse que ça’ fait’ du ben. Michel, qui donnait la présentation, est d’ailleurs venu dîner avec nous et M. Germain le lendemain, dîner fort intéressant où nous avons pu discuter de linguistique (honnêtement, ça me fascine), de didactique, de pédagogie, de ces français pédants… tout cela devant un verre d’agua de arroz et des enchiladas à 2$.
Et puis, tout au long du congrès, nous avons été approchés par un grand nombre de mexicains, qui nous disaient qu’ils aimaient mieux apprendre le français par des québécois que par des français, parce qu’ils se sentent plus proche de nous. On nous demandait où faire des demandes pour avoir des assistants, des enseignants québécois dans des universités mexicaines… Alors que les français présents prétendaient presque être les seuls vrais locuteurs de cette langue, il était bon de se faire dire par des étrangers qu’ils préféraient le français québécois au français de france!
C’est donc avec la fibre patriotique ravivée par toutes ces belles rencontres que je suis revenue à México hier soir. Maintenant, retour à la routine…